CAP… vers l’île d’Oléron les 20 & 21 avril 2018

À l’occasion de la 7ème édition de Cita’Livres, retrouvez Alexandrine, samedi 21 et dimanche 22 avril, dans le somptueux cadre de la citadelle du Château d’Oléron pour un temps d’échange et de dédicaces. Entrée libre.

Samedi 21/04 : dédicaces de CAP AU SUD. Voyage en Terres australes françaises (stand D33) ;

Dimanche 22/04, de 15h30 à 16h30 : table-ronde “les mots de la mer” en compagnie d’Isabelle Autissier et de Sylvain Coher.

Retrouvez tout le programme de la manifestation en cliquant ici.

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« Bonnes feuilles », extrait n°5 (dernier)

J- 1 avant la sortie en librairie, le 26 octobre prochain, de CAP AU SUD. Voyage en Terres australes françaises (Riveneuve Editions) ! Pour patienter jusque là, voici un cinquième et dernier extrait que vous pourrez également retrouver sur le site du quotidien Libération.

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À bord du Marion Dufresne

Dimanche 1er mai

Depuis quatre jours, le Marion a remis le cap au Nord. L’air est tiède. Sur le pont supérieur, tee-shirts, robes légères et sandales ont remplacé pulls, vestes en Gore- Tex et bottes fourrées. Les quarantièmes rugissants sont bel et bien derrière nous, les vents tempétueux et les creux de dix à douze mètres aussi… Le Marion a retrouvé les eaux bleu indigo de l’océan Indien et trace sa route sans heurts. Sur la passerelle, le commandant Dudouit arbore un visage serein. Plus de hauts-fonds non cartographiés à craindre, plus de changement brutal du régime des vents, plus de tabassage en règle par des vagues hargneuses. Une légère
 houle berce les songes des passagers.

(…) Une tranche de vie se termine, une autre va bientôt débuter pour Michaël et les autres. (…) Tous sentent qu’il leur sera difficile de trouver les mots pour restituer l’intensité des moments de vie communautaire partagée, l’ivresse des marches dans une nature quasi intacte ou l’incroyable émotion suscitée par les rencontres animales. 
Certains y ont même renoncé. « C’est difficile d’en parler, comment raconter ? » confesse Luc Baudot qui passe sept à huit mois de l’année à Kerguelen et le reste du temps en métropole avec sa compagne. Alors, Luc n’en parle pas… « Je montre deux, trois photos et encore… » Les Kerguelen font partie de son jardin secret.

Nul doute qu’Arnaud sera plus prolixe que Luc… Ce quadra – qui fait partie du groupe des « touristes » – est venu « chercher la descendance de Nestor, le manchot empaillé de son père, hivernant à Kerguelen en 1956 », rigole son compagnon de cabine. Il serait impensable et de toute façon impossible de rapporter pareil « objet-souvenir » à l’heure actuelle. Les manchots, que certains touristes et campagnards d’été ramènent dans leurs bagages sont désormais en… peluche et ont été achetés à la coopérative de l’une des trois bases. Autres temps, autres mœurs… Les descendants de Nestor sont aujourd’hui strictement protégés. Et les hommes commencent à comprendre que la riche biodiversité de ces terres extrêmes – dont les manchots royaux sont devenus les ambassadeurs – représente un bien commun de l’humanité, inaliénable et précieux.

 

 

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« Bonnes feuilles », extrait n°4

J- 2 avant la sortie en librairie, le 26 octobre prochain, de CAP AU SUD. Voyage en Terres australes françaises (Riveneuve Editions) ! Pour patienter jusque là, voici un quatrième extrait que vous pourrez également retrouver sur le site du quotidien Libération.

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AMSTERDAM – Base Martin-de-Viviès

Lundi 25 avril

L’archipel des Kerguelen est désormais derrière nous. Au matin de notre départ, un fin manteau de neige recouvrait les îles du golfe du Morbihan et la base de Port-aux-Français. L’hiver, déjà, prenait ses quartiers. Sur l’île d’Amsterdam où nous venons d’arriver, l’été austral joue en revanche les prolongations. Nicolas Allemand, le DISAMS, s’inquiète de savoir si nous disposons de crème solaire. Depuis trois jours, la température ne cesse d’augmenter. Entre le 22 et le 25 avril, nous sommes passés de 3 à 15,6 °C. Voilà qui donnerait presque envie de piquer une tête dans l’eau. Seul hic, la présence de centaines d’otaries d’Amsterdam vautrées sur la cale d’accès à la base Martin-de-Viviès et ses abords complique quelque peu l’approche.

Au début du XVIIIe siècle, les premiers navigateurs à se hasarder dans cette zone où les vents violents soufflent cent soixante- trois jours par an, notaient déjà l’abondance des otaries sur le pourtour rocheux de l’île. L’ensemble de la côte leur semble littérale- ment couverte de « chiens de mer », au point de gêner toute tentative de débarquement. Cox relate ainsi qu’il dut se frayer un chemin à coups de gourdin, tant ces animaux étaient nombreux sur l’île où il met le pied en 1790.

Pareils récits ne manquent pas de mettre la puce à l’oreille des chasseurs de phoques, attirés par la manne. L’ouverture du marché chinois et l’assurance de pouvoir écouler les fourrures récoltées en chemin font le reste. Les campagnes de chasse, comme le nombre de navires phoquiers, se multiplient et le massacre s’intensifie. Vers 1876-1880, lorsque l’exploitation des otaries à fourrure prend fin sur l’île d’Amsterdam, l’espèce est au bord de l’extinction.

Depuis, les « chiens de mer » ont repris du poil de la bête ! Et ce sont les hommes qui craignent désormais les rencontres inopinées ou l’agressivité des grands mâles en période de reproduction. « N’hésitez pas à vous munir d’un bâton de marche lors de vos sorties à l’extérieur de la base », nous conseille le chef de district. (…)

 

 

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